Aperçu du XPERIA X1 de Sony Ericsson
«Je ne pense pas que tu puisses le voir», m'avertit un ingénieur de Sony Ericsson rencontré par hasard dans un autobus de Lund, une petite ville universitaire du sud de la Suède où la compagnie possède un important centre de recherche. Merde... Je n'avais pas pensé à ça. Je viens de parcourir 600 km en train depuis Stockholm uniquement pour jouer avec un prototype de l'XPERIA X1. Et si je n'avais droit qu'a une présentation PowerPoint?
XPERIA est un jeu de mots, un amalgame entre Utopia et Expérience. L'expérience ultime selon Sony Ericsson. La nouvelle marque de la compagnie de téléphonie cellulaire ne vise pas le haut de gamme, mais le très haut de gamme. Le X1, le premier téléphone marqué du sceau XPERIA, devrait être lancé d'ici la fin de l'année.
Mes doutes quant à l'utilité de mon périple se sont rapidement dissipés lorsque j'ai rencontré Magnus J. Andersson, le Chef de produit responsable du X1. Certaines de mes amies de fille auraient probablement remarqué la petite barbe de trois jours (il revenait à peine de vacances), les souliers à la mode et le look sympathique du jeune chef de produit, mais je dois avouer que c'est plutôt sa main gauche que j'ai remarquée. Ou plutôt, le X1 qu'elle tenait (yessss, pas de PowerPoint!).
Le X1 est un téléphone plutôt petit, métallique, muni d'un écran VGA tactile de 3 pouces et qui peut glisser en arc pour dévoiler un très large clavier QWERTY. La qualité du design de l'appareil (les touches du clavier, l'arc qu'il fait lorsqu'il s'ouvre, le magnifique boitier métallique) saute tout de suite aux yeux.
«On a mis l'un de nos meilleurs designers sur le coup», explique Andersson en tournant l'appareil de tous les côtés. «Tu as vu la finition des touches du clavier? C'est plus qu'un simple clavier, il est vraiment tout en finesse», analyse-t-il, visiblement fier du produit qu'il s'apprête à mettre en marché.
Qui veut du X1
Le X1 s'adressera, selon le jargon interne de Sony Ericsson, aux experiencers, les gens qui sont toujours à l'avant-garde de la technologie, et aux carrierists, les gens très occupés qui ont besoin d'être constamment en contact avec le bureau et de consulter leurs courriels par exemple.
Monsieur et madame tout le monde? On oublie ça pour le moment. «C'est du très haut de gamme. Le prix n'est pas encore disponible, mais soyons honnête, il sera cher», convient Magnus J. Andersson. GPS, Bluetooth, Wi-Fi, Internet 3G, radio FM, écran tactile de 800 par 480 pixels, puissant processeur, bonne caméra 3,2 mégapixels, il faut bien que toutes ces composantes se payent.
Malgré son prix et ses fonctions, le chef de produit ne considère pas son petit nouveau comme un téléphone business.
«Pourquoi se limiter à un téléphone d'affaires? Nous voulons combiner affaires et divertissement. C'est un peu ce que veut faire la marque XPERIA de toute façon, regrouper tout sous un même parapluie», explique-t-il dans l'une des salles de conférences où cette marque a justement vu le jour.
L'équipe d'une vingtaine de personnes qui a pensé XPERIA et le X1 a été mise en place par Sony Ericsson, une entreprise fondée en 2001 et dont la japonaise Sony et la suédoise Ericsson se partagent le contrôle à 50%, il y a environ un an et demi pour «créer quelque chose de nouveau, qui briserait la routine dans laquelle on s'était installée», explique Magnus J. Andersson.
L'ADN Sony Ericsson
Même s'il s'agit d'un nouveau téléphone, d'une nouvelle marque, fait par une nouvelle équipe, avec un nouveau système d'exploitation pour la compagnie (Windows Mobile), le X1 possède toutes les caractéristiques de l'ADN Sony Ericsson, une expression utilisée abondamment par les employés de la compagnie, qui représente un soucis apporté au design, au divertissement et à la simplicité d'utilisation.
Si les aspects «divertissements» du téléphone sont un peu ce à quoi l'on s'attend (interface multimédia Sony pour la musique et les vidéos et interface Cybershot pour la prise de photos avec l'appareil), la simplicité d'utilisation est probablement ce qui surprend le plus chez le X1, considérant qu'il roule sous le système d'exploitation Windows Mobile.
«Lorsque l'on pense à simplicité d'utilisation, on ne pense pas vraiment à Windows Mobile», reconnaît Magnus J. Andersson. En fait, de son aveu même, «plusieurs personnes trouvent le système généralement difficile à naviguer, elles ne savent pas où trouver les différentes fonctions, et finissent par ne pas utiliser leur téléphone à son plein potentiel». Pas l'idéal pour un téléphone qui se veut facile d'utilisation donc.
La solution de son équipe? L'ajout de 9 panneaux qui apparaissent lorsque l'on ouvre son téléphone. «Chaque panneau est une sorte de fond d'écran interactif configurable, qui s'ajoute par-dessus l'interface, toujours accessible, de Windows Mobile», explique le chef de produit.
Ainsi, un panneau axé sur le travail pourrait afficher un calendrier, les rendez-vous, les courriels, deux horloges ajustées sur deux différents fuseaux horaires, etc... «Ensuite, lorsque la personne qui utilise ce panneau quitte son boulot, elle peut changer pour son panneau de navigation GPS et installer son téléphone dans son automobile», explique Magnus J. Andersson. Et puisque les compagnies pourront créer leurs propres panneaux, la personne pourra choisir un panneau Facebook ou Twitter pour la maison par exemple.
Un autre panneau, qui démontre l'intention de Sony Ericsson d'allier affaires et plaisir, est le panneau aquarium, «pour les réunions ennuyantes».
«Je peux jouer délicatement avec mon stylet sur l'écran, et les poissons de l'aquarium vont être attirés, ils vont venir enquêter pour voir ce qui se passe, explique le chef de produit. Si ensuite je frappe fort avec le stylet, ils s'enfuient. Si j'ai un nouveau message pendant que j'utilise ce panneau, c'est un poisson qui va venir m'avertir. C'est certain que ce n'est pas la façon la plus efficace d'annoncer l'arrivée d'un message, mais c'est amusant».
«Puisque le téléphone roule sous Windows Mobile, les gens savent qu'ils peuvent facilement se synchroniser avec leur serveur Exchange au travail. Ils savent que c'est un bon téléphone pour les affaires. Ce n'est donc pas là-dessus que l'on met l'emphase», précise-t-il, les yeux toujours rivés sur ses poissons. «La première fois qu'on m'a montré ça, je me suis dit que c'était complètement ridicule. Mais finalement, c'est l'une des choses que les gens qui l'ont essayé ont vraiment appréciées».
Suffisamment pour débourser plusieurs centaines de dollars sur ce téléphone? C'est ce que l'on verra lors du lancement de l'appareil, probablement en décembre prochain.
Sony Ericsson n'a pas voulu discuter des ententes prises avec les différents opérateurs, mais au Canada, c'est Fido ou Rogers qui obtiendra l'appareil puisque ce dernier est un téléphone GSM.
Magnus J. Andersson n'a pas voulu positionner son produit par rapport à la compétition non plus. Mais le X1 est clairement dans la gamme supérieure, un peu comme l'iPhone et le Blackberry Bold. Si le petit nouveau de Research In Motion est un téléphone d'affaires agrémenté de quelques fonctions de divertissement, et que celui d'Apple est un téléphone de divertissement agrémenté de quelques fonctions d'affaires, on peut dire - il va évidemment falloir attendre d'essayer le produit final - que le X1 semble plutôt un produit qui a un pied dans les deux mondes: un téléphone qui est autant un appareil de travail que de divertissement.
Est-ce ce dont les gens ont besoins? On le souhaite à Sony Ericsson. Car une semaine après cette rencontre en juillet dernier, l'entreprise annonçait la mise à pied de 2000 employés à travers le monde à cause de pertes financières. Le X1, et ses petits poissons, ont donc beaucoup de pression sur leurs épaules pour renflouer les coffres de la compagnie.
| Publié par Maxime Johnson à 19H00 |
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